La salade du chêne solitaire

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Plat végétarien pour 1 personne

Ingrédients :
Quelques feuilles de salade de la variété « feuille de chêne rouge »
1 petite boîte de maïs (140 g)
1 demi-concombre
2 tomates

Pour la sauce vinaigrette :
De la moutarde de Dijon
Du vinaigre balsamique
De l’huile de pépins de raisins

Matériel :
Assiette
Bol
Couteau
Cuillère à café
Cuillère à creuser
Fouet
Planche à découper

Instructions :

  1. Lavez votre salade dans l’eau froide pour en retirer tout le sable et égouttez-la.
  2. Disposez les feuilles de salade sur le tour de l’assiette avec le côté « rouge » vers l’extérieur.
  3. Coupez un concombre en deux et épluchez-en une moitié. Gardez l’autre pour une prochaine salade. Une fois épluché, coupez le demi-concombre en deux dans le sens de la longueur afin de pouvoir retirer le cœur à l’aide du couteau ou de la cuillère à creuser. Ce dernier contient trop d’eau et ferait baigner votre salade dans son jus. Le cœur du concombre n’étant pas utilisé après dans la recette, vous pouvez le manger tout de suite ou le réserver pour une utilisation ultérieure.Une fois le cœur retiré, coupez la chair du concombre dans la longueur pour en faire de grossières lamelles puis faites leur faire un quart de tour. Vous allez maintenant pouvoir les couper en petits cubes. Placez ces cubes de concombre au centre de l’assiette en une petite motte.
  4. Ouvrez la petite boîte de maïs et égouttez-le. Disposez-le ensuite autour du concombre.
  5. Coupez les tomates en deux et retirez le cœur et les pépins. Même raison que précédemment, trop d’eau. Même conséquence, vous pouvez les manger sans attendre. Comme avec le concombre, coupez-les en lamelles grossières puis en petits dés et disposez-les autour du maïs.

La sauce vinaigrette :

  1. Prenez, selon votre convenance, une à deux cuillères à café de moutarde que vous mettrez dans un bol.
  2. Délayez-la dans le même volume de vinaigre avec un fouet.
  3. Salez (pas trop) et poivrez (un à deux tours de moulin suffisent).
  4. Montez votre vinaigrette à l’huile en la fouettant. La sauce devrait être bien homogène si vous fouettez correctement. Si c’est votre première vinaigrette, gouttez souvent. Plus vous ajouterez de l’huile, moins le goût sera prononcé. Sachez vous arrêter au bon moment.
  5. Décorez avec la sauce comme bon vous semble.

Bon appétit !

Licence Creative Commons
La salade du chêne solitaire et sa photographie, toutes deux de Johan Herrmann, sont mises à disposition selon les termes de la licence Creative Commons Attribution 4.0 International.

Le trésor du Palais des Sources (non corrigé)

Dans la forêt de Bout-un-Cureil se trouve un lieu oublié des hommes. Au fond d’une immense combe, large comme un cratère, se trouvent les ruines de Manolipe. La Légende raconte que lorsque l’arbre-ciel qui soutient aujourd’hui la cité volante de Komona a pris son envol, dans l’espace vide s’est construite Manolipe. On ne sait pas bien ce qui a causé le déclin de la ville, mais les rumeurs les plus farfelues disent que les habitants ne supportaient plus de vivre dans un endroit surnommé « La cité-cuvette » et seraient tous paris.
Tous, ou presque…
Au centre de la dénivellation demeurait le joyau de l’antique splendeur citadine, le Palais des Sources. Les bassins d’eau claire et les jardins suspendus étaient entretenus par les golems-servants mus par la magie du lieu. Sur la deuxième terrasse qui surplombait la luxuriante végétation, trois silhouettes allongées sur de confortables transats profitaient de la clarté douce du début de journée.

Portant à ses lèvres desséchées le délicieux cocktail mis au point avec ses deux autres confrères, Hector leva les yeux vers une nuée de chauves-chilas.
– Ha ! Dans le temps, les rongeurs volants étaient plus rares ! s’exclama-t-il.
– Oh ! C’est surtout qu’on en mangeait plus, fit remarquer Hoctar.
– Bah ! C’était infect, grinça Hacter.
– Miaou, fit le chat.
Les trois vieux sorciers retraités se redressèrent péniblement et dévisagèrent le nouveau venu.
– Il est tout roux, observa Hector.
– Il a l’air malicieux, souligna Hoctar.
– Un chat de sorcière, trancha Hacter.
– Un chat de sorcière approuva les deux autres.
– Il est là pour la pierre, présuma Hacter. Évidemment qu’il est là pour ça, pensa-t-il. Les chats de sorcière chassent les artefacts autant que les souris.
– Miaou, rétorqua le chat
– Vraiment ? demanda Hoctar.
– Miaou, affirma le chat.
– Très bien, conclut Hector. Alors, suivez-nous, Carrot, chat de Pepper.

Les trois sorciers quittèrent leurs confortables chaises longues dans un concert de craquement cartilagineux avant de se redresser fièrement montrant ainsi au petit félin la stature de trois puissants maîtres arcanistes.
En son for intérieur, Carrot pensait que, tout de même, leurs marcels, shorts et espadrilles leur enlevaient un peu de leur superbe…
Les sorciers-touristes se dirigèrent à grandes enjambées vers les doubles portes donnant accès à la salle de réception avec une vigueur que leur grand âge ne laissait pas supposer. Carrot trottinait à leur côté.
– La bibliothèque, suggéra Hacter.
– Ça me semble évident, laça Hoctar
– Allons, dit simplement Hector.
– Miaou, approuva Carrot.
Ainsi, la petite troupe emprunta le large escalier qui descendait aux étages inférieurs. Sur le palier intermédiaire, sans ralentir leur marche, les trois sorciers, à tour de rôle, claquèrent des doigts.
Au début il ne se passa rien puis, sorties d’un couloir adjacent, trois somptueuses robes d’arcaniste volèrent dans leur direction en battant des manches. Le trio d’anciens leva les bras pour que leurs tenues viennent les vêtir.
Carrot eut un petit sourire quand il vit que la grosse tête d’Hoctar ne parvenait pas à sortir de sa robe.
– Non d’un DragonVache ! Fichue robe ! s’emporta-t-il.
L’habit concerné, avant de se déboutonner, se resserra autour du ventre du mage sorcier pour lui faire part de son courroux.

L’incident passé, le groupe continua sereinement sa marche pour arriver au premier sous-sol, devant les immenses portes de la non moins immense Bibliothèque des Sources.

Hector adressa un signe de tête à ses deux compagnons. Tous trois s’alignèrent face aux battants monumentaux. Puis, sans qu’il ait eu besoin de se concerter, l’un commença à claquer des doigts, le deuxième à frapper dans ces mains pendant que le dernier entamait une lente litanie. Les percussionnistes corporels continuèrent leur étrange manège pendant une bonne minute tout en accélérant peu à peu le rythme alors que le chanteur dérivait imperceptiblement vers des intonations magic-free-jazz.
Carrot ne savait pas très bien si les trois compères savaient ce qu’ils faisaient ou s’ils étaient soudain devenus séniles, mais décida de profiter de cet intermède musical pour danser un peu et même mêler un ou deux miaulements à la mélodie, pour faire les cœurs.

Soudain, un bruit sourd et métallique retentit derrière les portes puis ces dernières s’ouvrirent en laissant apparaître le golem-bibliothécaire qui dansait d’un pied sur l’autre si doucement qu’il ne faisait aucun bruit malgré sa masse imposante.
– La voie est libre, indiqua Hacter après un ultime claquement de doigts.
La représentation musicale terminée le golem cessa de danser l’air visiblement attristé pour s’en retourner à sa besogne en laissant les gigantesques portes ouvertes.
La bibliothèque des Sources était réellement impressionnante, elle semblait s’étendre sous tous le palais. Partout, des livres encombraient des dizaines, des centaines d’étagères.
Carrot sortit ses griffes et entreprit l’ascension de la plus proche. Une fois en haut, il plissa les yeux et huma l’air. Une odeur de magie différente de celle des vieux grimoires semblait venir du centre de la pièce.
Le petit chat roux s’élança alors sur le sommet des meubles antiques, avec force miaous enthousiastes. Derrière lui, les sorciers tentaient de le suivre en soulevant leurs robes pour ne pas s’y prendre les pieds. L’agile félin, suivant son flair, sautait de rayonnage en rayonnage faisant tomber au passage quelques ouvrages qui marquaient leur mécontentement d’avoir été ainsi réveillé de leur sieste centenaire en feulant de toutes leurs pages. Certains battaient même de la couverture en grinçant de la reliure pour s’envoler et reprendre leur place avec la ferme intention de mordre le prochain imbécile qui les dérangerait.
N’ayant cure de ces livres bougons, Carrot poursuivit l’odeur jusqu’à parvenir à une très vieille bibliothèque en pin.

Il sauta à terre et attendit les mages essoufflés.
– C’est ici ? demanda Hector.
– Miaou, affirma Carrot.
– Gentil minou, fit Hoctar.
– Finissons-en, lança Hacter en empoignant un grimoire afin de le sortir de son rangement.

À ce moment, la bibliothèque trembla. Les livres s’agitèrent. Alors que tous s’attendaient à l’ouverture d’un passage secret, soudain tous les livres s’échappèrent de leur rayonnage et s’envolèrent en battant de leur couverture. Les sorciers furent repoussés par la violence de cette nuée.
– Des livres gardiens ! s’exclama Hector.
– Vite ! Il faut trouver le déclencheur du sortilège qu’ils protègent, renchérit Hacter.
– Ils sont trop nombreux ! se désola Hoctar.
– Miaou ! lança Carrot avec courage.
Tandis que les livres furibonds s’élançaient sur les sorciers qui répliquaient avec force claquement de doigts et même quelques coups de pieds quand c’était nécessaire, Carrot s’élança au travers de la masse volante de pages acérées. Il esquiva l’attaque d’un grimoire, sauta sur le dos d’un codex, bouscula une nuée de feuillets et finit par atterrir sur le rayonnage ou était gravée la rune du sortilège. Il la griffa avec toute sa vigueur.

Soudain, tous les livres s’écroulèrent au sol.
Le félin sauta lui aussi à terre. Les trois sorciers étaient en nage. Hoctar se retenait à l’épaule de Hector.
– C’est plus de mon âge ces bêtises, souffla-t-il.
Tandis qu’il finissait sa phrase, tous furent stupéfaits de constater que les étagères de la bibliothèque disparaissaient rapidement. Lorsqu’elles se furent entièrement volatilisées, une lumière bleutée apparut au centre du meuble puis s’agrandit pour laisser apparaître un passage vers une caverne.
– Un portail ! s’exclama Hoctar toute fatigue envolée. Allons-y !

Le petit groupe se précipita dans l’ouverture. Ils arrivèrent dans une vaste salle dont le plafond était percé de crevasse naturelle d’où s’échappaient verdure et lumière. Au centre de celle-ci, sous un puits de lumière, trônait un piédestal au-dessus duquel brillait un diamant scintillant. La pierre précieuse, en plus des clartés du soleil, pulsait d’une aura dorée, révélant ainsi sa nature d’artefact.
– Il faut être prudent, dit Hector, il y a sûrement des piè…
Il s’interrompit lorsqu’il vit Carrot se précipiter vers le joyau, bondir sur le petit pilier de pierre, se saisir de la gemme et la lever bien au-dessus de sa tête en signe de victoire.

Les sorciers applaudirent et se dirigèrent, vers le petit félin. Mais celui-ci plaça le bijou dans sa gueule, sauta du présentoir, contourna les trois hommes effarés et sortit de la grotte par le portail.

Les sorciers se lancèrent à sa poursuite, mais abandonnèrent bien vite.
La magie faisait vivre ses pratiquants longtemps et en bonne santé, mais les trois arcanistes se sentait rattrapés par le poids des années.
– Bah ! Remontons plutôt nous servir un autre jus de fruit, proposa Hacter.
Les deux autres opinèrent du chef.

Une fois à nouveau confortablement installé sur son transat, Hector se tourna vers ses compagnons.
– Quelle était la prophétie liée à la pierre sacrée de Lym, déjà ? demanda Hector.
– Bof, comme une fois sur deux, la fin du monde. Rien d’inquiétant en soi, répondit Hacter.
– Hmmf, fit Hoctar en sirotant son cocktail.

À la nuit tombée, Carrot rejoignit sa maison au 33 de la forêt de Bout-un-Cureil et se rendit dans sa cachette secrète pour déposer la pierre sacrée de Lym à côté de l’amulette spectrale de Frat, du phylactère maudit de Rakmor et du joyau perdu de Minzil.
Carrot était on ne peu plus fier de sa collection. Chaque artefact irradiait d’une puissance et d’une aura différente. L’amulette dégageait une clarté bleutée et fantomatique, le phylactère rayonnait d’un rouge malveillant et le joyau pulsait d’un vert pâle serein. La pierre de Lym complétait bien l’ensemble.

Carrot, n’avait jamais bien compris pourquoi les humains enfermaient autant de magie dans de si petits objets, mais pour lui, ces derniers restaient les plus fantastiques des bibelots clignotants.

Licence Creative Commons
Le trésor du Palais des Sources de Johan Herrmann est mis à disposition selon les termes de la licence Creative Commons Attribution 4.0 International.
Fondé(e) sur une œuvre à http://www.peppercarrot.com.